Vous pensez acheter un bon miel en grande surface ? Malheureusement, ce n’est pas si simple. Une récente enquête menée par 60 Millions de consommateurs révèle un constat inquiétant : sur 22 pots analysés, un seul atteint un niveau de qualité irréprochable.
Beaucoup de jolis pots, mais peu de miel vraiment fiable
Dans les rayons des supermarchés, les pots affichent souvent des abeilles, des montagnes ou des fleurs. Pourtant, leur qualité varie énormément. L’association 60 Millions de consommateurs a passé au crible 22 pots de miel d’origine et de type différents :
- 12 miels de fleurs
- 5 miels de lavande
- 5 miels de châtaignier
Le résultat est préoccupant. Près de 75 % des échantillons contiennent des résidus de pesticides. Certains même des substances interdites depuis 2018 en France, comme le thiaclopride ou l’acétamipride.
Un seul pot brille vraiment : le miel de châtaignier bio Provenance Nature
La bonne surprise vient du miel de châtaignier bio Provenance Nature, noté 18,1 sur 20. Ce miel français tire son épingle du jeu grâce à :
- une excellente fraîcheur
- une forte activité enzymatique (diastase)
- une très faible concentration en HMF (hydroxyméthylfurfural), un marqueur de surchauffe ou vieillissement
C’est la combinaison idéale pour un miel sain et naturel. D’ailleurs, tous les miels de châtaignier testés affichent de bons scores, grâce à leur richesse aromatique et leur processus de fabrication plus rigoureux.
Des miels à éviter absolument
Malheureusement, tous ne s’en sortent pas aussi bien. Certains miels de fleurs, moins surveillés, affichent des résultats inquiétants.
Le pire élève du test ? Le miel de fleurs crémeux intensité n°2 Les Apiculteurs associés, qui obtient seulement 9,9 sur 20. Il contient deux néonicotinoïdes interdits : thiaclopride et acétamipride.
Autre cas problématique : un miel de châtaignier Reflets de France, avec un taux de clopyralide proche de la limite légale. Même si la fraude au sucre n’est pas avérée, 60 Millions alerte : la présence de pesticides se retrouve dans la majorité des pots, y compris certains bio.
Comment ces miels ont-ils été testés ?
Le processus d’analyse a été rigoureux. Les critères principaux sont :
- L’humidité (doit rester en dessous de 20 %)
- Le HMF (monte si le miel est trop chauffé ou trop ancien)
- L’activité de la diastase (indique la fraîcheur)
- La présence de résidus chimiques comme glycérol ou éthanol (signe d’une fermentation)
Huit miels montrent d’ailleurs des signes de fermentation, dont un miel de châtaignier Ma Ruche Bio.
Bien choisir son miel en supermarché : les repères essentiels
Face à la confusion en rayon, quelques conseils simples peuvent vous aider :
- Privilégiez l’origine française, ou un étiquetage clair indiquant les pays de provenance
- Méfiez-vous des termes flous comme « mélange de miels hors UE »
- Ne tenez pas compte de la texture : crémeux ou liquide, la qualité peut être identique
- Vérifiez la date de durabilité minimale et conservez votre pot à l’abri de la chaleur
- Évitez les termes interdits comme “miel toutes fleurs” ou “mille fleurs”
Un contexte tendu pour la production française de miel
L’enquête arrive à un moment critique. La production nationale ne dépasse pas 12 000 tonnes en 2024, soit 40 % de moins qu’en 2023. Résultat : les rayons se remplissent davantage de miels importés, souvent de qualité moindre.
Cette dépendance croissante à l’import souligne l’importance d’un choix éclairé par le consommateur. Derrière les jolies étiquettes, le contenu peut être bien moins doux qu’il n’y paraît.




